Or, le sujet de la réunion a vite dérivé sur deux points : la cantine et la piscine.
Maude mange peu à la cantine à midi et celà inquiète beaucoup sa maitresse et la directrice de l'école, qui disent même qu'elles se sentent responsables. Sauf qu'elles ne le sont pas puisque le temps de cantine est un temps périscolaire et donc dépendant de la mairie. Or, ces dames tiennent absolument que l'on ajoute sur le PAI le fait que Maude doit manger mixé plus un protocole en cas de fausse route. Je pense avoir évoqué la possibilité de fausse route quand j'ai décrit la maladie au médecin scolaire et aux ATSEM, malheur à moi ! Les voilà qui veulent mettre en place une usine à gaz pour contrer quelque chose qui ne s'est jamais produit. Les bases de la prévention me direz-vous, le fameux principe de précaution, oui mais à quel niveau de bon sens doit-il s'arrêter celui-là ?J'ai dit que je ne signerai pas un PAI dans lequel il serait évoqué le fait de mouliner les aliments. Je ne souhaite pas amener une différence en plus pour Maude, qui en a déjà bien assez comme ça et qui ne veut pas manger devant tout le monde des "purées de bébé". J'ai cédé sur le fait qu'on note au PAI qu'elle a des difficultés de déglutition, qu'il faut qu'il y' ait toujours un verre d'eau à portée de main de l'aidant. Les intervenant du SESSD on bien aidé en disant qu'ils feraient intervenir leur médecin auprès de ces dames pour les rassurer sur les fausses-routes. Si il faut aller jusqu'à un protocole, on le fera mais je ne peux m'empêcher de me dire que nous allons trainer tout au long de la scolarité de Maude ce qui sera mis dans le PAI maintenant !
La piscine maintenant : à ma grande surprise, le directeur de la piscine était invité à la réunion ! Et j'apprends aussi que toute l'équipe éducative est allée visiter la piscine, récemment mises au norme d'accessibilité. Il s'agit de préparer l'activité piscine qui peut avoir lieu dans notre ville pour les enfants de grande section, si l'institutrice le souhaite. On parle donc d'une activité potentielle qui commencerait en janvier 2011. En fait, je pense que j'étais prête à céder sur le fait que Maude n'y aille pas, mais je vois que les intervenants de l'école sont motivées donc, je laisse faire. Mais alors, quelle lourdeur !

Il faut prévoir :
- le minibus de la ville pour emmener Maude dans son fauteuil car ces dames ne veulent pas la faire monter dans le car avec les autres enfants, elles ont peur de la porter dans les marches. Ce qui implique de changer l'heure de l'activité pour que le minibus y soit, tout en prévoyant le car pour tous les autres enfants... ;
- d'aménager le vestiaire spécialisé de la piscine avec une table pour pouvoir changer la minette ;
- d'apprendre à l'AVSi à enlever et remettre le corset et le gilet de piscine adapté ;
- de trouver une ceinture pour le fauteuil manuel de la piscine qui n'en n'a pas actuellement (parfois, ces dames se noient dans les détails, c'est le cas de le dire...) ;
- de trouver un accompagnant dans l'eau car l'AVSi ne sait pas nager et a peur de l'eau. Une fois qu'on l'aura trouvé, il faudra qu'il ait le certificat d'accompagement ;
- de prévoir si on utilise le système de mise à l'eau pour la mettre à l'eau ou pas : intervention très sensée du directeur de la piscine disant que Maude ne pèse pas lourd et qu'elle préférera sûrement être mise à l'eau dans les bras de quelqu'un. Merci monsieur !
- puis la même chose dans l'autre sens et retour à l'école, ouf...
Comme vous le voyez, la chose est très simple pour à peine une demi-heure dans l'eau tous les 15 jours sur un semestre. En même temps, je me vois mal dire à Maude que tous les copains vont à la piscine et qu'elle va rester dans la classe avec son AVSi à les attendre.
Finalement, cette réunion a permis aux intervenants du SESSD de constater toutes les peurs qui restent de la part de l'équipe éducative. J'ai demandé à ce que l'instit ne soit pas là lors de leur première réunion de synthèse afin de pouvoir en parler librement de mon côté...